Jean-Philippe Aubanel aborde le domaine de l’objet en espace d’expression autonome, un espace où le médium impose ses propres lois tout en entretenant un rapport de familiarité secret avec le travail pictural.
Les objets ironiriques ont coupé les ponts avec la peinture mais non avec l’esprit de l’œuvre. Le « primitivisme » -dans la double référence de l’Afrique et du mouvement Cobra- se traduit dans l’attachement de l’artiste aux objets traditionnels occidentaux. Le soc de charrue, le sabot, le billot de bois creusé, la forme de cordonnier, etc, des objets bruts, de technologies dépassées, fermés dans leur silence d’objets esthétiques chargés de réminiscences. Les références artistiques, les jeux de langage et les modifications ou assemblages subis par ces « ready-made » secouent le cocotier de leur nostalgie. Jean-Philippe Aubanel visite ces ancêtres avec un bon sens lacanien, attaché à la littéralité.